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Souder un tuyau Geberit PE au manchon électrosoudable

Souder un tuyau Geberit PE au manchon électrosoudable : ébavurage sans chanfrein, grattage 0,2 à 0,4 mm, refroidissement. Le déroulé suisse, étape par étape.

Sanitaire & écoulement·Par ·30 juillet 2026·24 min de lecture
En bref — Le PE d’écoulement ne se colle pas : il se soude. Le manchon électrosoudable fait fondre la matière du tuyau et celle du manchon pour n’en faire qu’une seule pièce. Tout se décide avant d’appuyer sur le bouton : coupe d’équerre, ébavurage sans chanfrein contrairement au réflexe cuivre, grattage d’un copeau régulier de 0,2 à 0,4 mm sur les surfaces à souder pour retirer le film oxydé par les UV, puis nettoyant PE. Les temps de soudure et de refroidissement se lisent sur le code-barres du manchon, jamais dans un tableau générique. Pendant le refroidissement, on ne bouge rien.

Si vous avez cherché « comment souder un tuyau d’écoulement » en français, vous êtes tombé sur du PVC et sur de la colle. C’est logique : la quasi-totalité des guides francophones sont français, et la France pose du PVC collé. La Suisse, elle, pose du Geberit PE soudé ou du Silent-PP à emboîter. Le geste n’est pas le même, l’outil n’est pas le même, et surtout : le PE ne se colle pas. Aucune colle ne tient sur du polyéthylène.

Cet article décrit le geste tel qu’il se pratique, dans l’ordre où il se pratique. Il ne remplace pas la notice du fabricant : sur les temps et les paramètres de soudure, c’est elle qui fait foi, et elle seule.

Pourquoi le PE se soude et ne se colle pas

Le polyéthylène est une matière que les solvants n’attaquent pas. C’est précisément sa qualité — il encaisse les bases, les acides, les produits agressifs qui passent dans un écoulement de laboratoire ou de buanderie — et c’est ce qui rend la colle inopérante. Une colle PVC agit en dissolvant superficiellement les deux pièces, qui se ressoudent chimiquement en séchant. Sur du PE, il n’y a rien à dissoudre.

On assemble donc le PE par fusion. Deux voies existent : la soudure bout à bout au miroir, qui exige des tubes de diamètre et d’épaisseur identiques et une machine encombrante, et le manchon électrosoudable, qui est la voie normale sur un chantier de bâtiment. Le manchon contient une résistance noyée dans sa paroi. Sous tension, elle chauffe, la matière du manchon et celle du tuyau fondent l’une dans l’autre, puis figent ensemble en refroidissant.

La conséquence pratique est là : il n’y a pas de joint. Pas de lèvre en élastomère qui durcit en vingt ans, pas de film de colle qui vieillit, pas de pièce d’usure. Une fois la soudure faite, l’assemblage est une continuité de matière. C’est aussi ce qui explique qu’on puisse noyer du PE dans une dalle béton, là où un assemblage à joint doit rester accessible.

Le revers, c’est qu’une soudure ratée ne se rattrape pas. On ne resserre pas une fusion, on ne rajoute pas de matière. On coupe et on recommence avec un manchon neuf. D’où l’obsession de la préparation, qui est le vrai sujet de cet article.

Ce qui ne dépend pas de vous : la notice, la commune et le feu

Trois réserves avant de continuer, et elles ne sont pas décoratives.

  • La notice du fabricant fait foi. Les temps de soudure et de refroidissement, les tolérances, les conditions de mise en œuvre sont propres à chaque manchon et à chaque appareil. Rien de ce qui suit ne prime sur la documentation Geberit fournie avec le matériel et avec la soudeuse.
  • Le raccordement au réseau public relève de votre commune. En Suisse, l’évacuation des eaux des biens-fonds est encadrée par la norme SN 592000 éditée par le VSA, et le raccordement effectif au collecteur passe par un règlement communal : plan d’exécution à remettre, contrôle communal, parfois exigences supplémentaires. Côté eau potable, le régime est plus strict encore — les travaux doivent être confiés à un installateur au bénéfice d’une concession du service des eaux. Nos sources n’établissent pas que le même régime de concession nominative s’applique à l’écoulement, mais elles n’établissent pas non plus le contraire : renseignez-vous auprès de votre commune avant de commencer, pas après.
  • Une traversée de compartiment coupe-feu n’est pas un simple trou rebouché. Les prescriptions de protection incendie de l’AEAI imposent des systèmes d’obturation reconnus pour les traversées de parois et de dalles formant compartiment coupe-feu. Une source fabricant mentionne un seuil de diamètre extérieur de 50 mm à partir duquel ces systèmes reconnus sont exigés pour les conduites en matière synthétique : nous la rapportons comme telle, à confirmer sur le texte AEAI. Du mortier ordinaire autour d’un Ø110 qui traverse une dalle n’est pas une obturation.

Et une quatrième, qui ne concerne pas la soudure mais qui décide de la conduite entière : la pente. Une conduite d’eaux usées suisse se pose à 1,5 % minimum, contre le 1 % que répètent les guides français. Nous avons traité ce point à part, avec les diamètres, dans pente et diamètres d’écoulement en Suisse. Une soudure impeccable sur une conduite mal pentée ne sert à rien.

Où se lisent les paramètres : sur le manchon, pas dans un tableau

C’est le point qui surprend le plus les gens qui viennent du cuivre ou du multicouche. Il n’y a pas de temps de soudure à mémoriser. Chaque manchon électrosoudable porte une étiquette avec un code-barres, et ce code-barres contient ses propres paramètres : tension, durée de chauffe, durée de refroidissement. L’appareil lit l’étiquette et applique ce qui est écrit dessus.

Cela a deux conséquences. La première : ne cherchez jamais un temps de soudure sur internet, et surtout ne le saisissez pas à la main. Un « 60 secondes pour du Ø110 » trouvé sur un forum est au mieux inutile, au pire dommageable. La deuxième : l’appareil doit être calibré. Les fiches de mise en œuvre des fabricants de raccords électrosoudables le rappellent systématiquement — un appareil qui délivre la mauvaise énergie applique correctement un paramètre faux. Une soudeuse qui dort dix ans dans un garage n’est plus un appareil calibré.

La documentation Geberit indique une plage de température de pose de −10 à +40 °C avec l’appareil. C’est large, mais ce n’est pas infini : sous la neige fondante ou en plein cagnard sur une toiture, vous sortez de la plage et le résultat n’est plus garanti. L’appareil permet par ailleurs de souder jusqu’à trois manchons simultanément jusqu’au Ø110, ce qui change concrètement la durée d’un chantier quand vous avez une série de raccords à faire.

Un avertissement sur les sources, tant qu’on y est. La documentation d’électrosoudage la plus détaillée que l’on trouve en français concerne le PE sous pression : adduction d’eau, gaz. Les règles y sont plus sévères, notamment sur les délais avant mise en charge, parce qu’un réseau sous pression sollicite la soudure en permanence. Un écoulement gravitaire ne travaille pas de la même manière. Nous signalons donc, quand c’est le cas, ce qui vient du PE sous pression et ne se transpose pas mécaniquement à l’écoulement.

Les trois gestes de préparation qui décident du résultat

Une soudure électrosoudable rate rarement à cause de l’appareil. Elle rate à cause de ce qu’il y a entre les deux matières au moment où elles fondent. Trois gestes, dans cet ordre.

Couper d’équerre et ébavurer, sans chanfreiner

La coupe doit être franche et perpendiculaire à l’axe. Une coupe de travers laisse un vide en fond de manchon d’un côté et un appui en biais de l’autre : une partie de la résistance chauffera du vide.

Ensuite, on ébavure — et c’est tout. On ne chanfreine pas. C’est contre-intuitif pour qui vient du cuivre, où le chanfrein sert à ne pas blesser le joint torique en emboîtant. Ici, il n’y a pas de joint à ménager : il y a de la matière qui doit fondre. Un chanfrein retire précisément la matière qui devait fusionner en entrée de manchon, et crée un jeu à l’endroit le plus sollicité. L’ébavurage suffit à supprimer l’arête vive laissée par la scie, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Gratter un copeau régulier de 0,2 à 0,4 mm

C’est l’étape que tout le monde saute, et c’est celle qui fait rater les soudures. Le polyéthylène s’oxyde en surface sous l’effet des UV. Un tube qui a passé trois semaines sur un chantier, ou six mois dans une cour, porte un film oxydé invisible à l’œil. Ce film est néfaste à l’électrosoudage : il s’intercale entre les deux matières et empêche la fusion de prendre sur toute la surface.

On l’enlève au grattoir, en retirant un copeau régulier de 0,2 à 0,4 mm sur toute la zone du tube qui entrera dans le manchon, sur tout le pourtour, et légèrement au-delà du repère d’emboîtement. « Régulier » est le mot important : un grattage par plaques laisse des zones oxydées entre les zones grattées. Un papier de verre n’est pas un grattoir — il polit sans retirer d’épaisseur et incruste des grains dans la matière.

Le manchon, lui, sort propre de son emballage. Ouvrez-le au dernier moment et suivez la notice sur son traitement éventuel : ne décidez pas seul de gratter l’intérieur d’un manchon.

Nettoyer au nettoyant PE, puis ne plus toucher

Après grattage, la surface est vierge et fragile. On la dégraisse au nettoyant PE, avec un chiffon propre et non pelucheux, et on laisse sécher. Puis on ne la touche plus : ni avec les doigts, ni avec un gant plein de terre, ni en la posant dans la fouille pendant qu’on cherche l’appareil. Les gras de la peau, la poussière de béton, l’humidité, la terre sont autant de corps étrangers qui se retrouveront piégés dans la fusion.

Dans les faits, cela impose un ordre de travail : on gratte et on nettoie au moment de souder, pas la veille pour toute la série.

Le déroulé complet, étape par étape

Voici l’enchaînement, du tube brut à la soudure refroidie. Les temps ne figurent volontairement pas dans cette liste : ils viennent du manchon.

  1. Vérifiez les conditions. Température ambiante dans la plage indiquée (−10 à +40 °C avec l’appareil Geberit), zone de travail sèche, alimentation électrique stable. Mettez la soudeuse sous tension et laissez-la s’initialiser.
  2. Coupez d’équerre. Scie à denture fine ou coupe-tube adapté au PE. Contrôlez la perpendicularité, ne vous fiez pas au coup d’œil sur un Ø110.
  3. Ébavurez l’arête intérieure et l’arête extérieure. Pas de chanfrein.
  4. Tracez le repère d’emboîtement sur chacun des deux tubes, en reportant la demi-longueur du manchon. Ce trait vous servira deux fois : pour savoir jusqu’où gratter, et pour vérifier que le tube est bien allé au fond.
  5. Grattez toute la zone à souder du tube, copeau régulier de 0,2 à 0,4 mm, sur tout le pourtour, jusqu’au repère et un peu au-delà.
  6. Nettoyez au nettoyant PE les surfaces grattées, chiffon propre non pelucheux, et laissez sécher.
  7. Sortez le manchon de son emballage à ce moment seulement. Manipulez-le par l’extérieur.
  8. Emboîtez jusqu’au repère, des deux côtés. Le repère doit disparaître au ras du manchon : s’il reste visible, le tube n’est pas au fond.
  9. Immobilisez au positionneur et vérifiez l’alignement. Les deux tubes doivent être dans le même axe, sans porter en biais et sans contrainte de flexion. Un tube qui « tire » sur le manchon pendant la fusion ouvre l’assemblage.
  10. Obturez les extrémités opposées de la conduite. Un courant d’air dans le tube — l’effet de cheminée, typique d’une colonne de chute ou d’une fouille traversante — refroidit la zone de fusion pendant le cycle et fausse le résultat. On bouche, on ne suppose pas qu’il n’y a pas de courant d’air.
  11. Branchez, lisez le code-barres, lancez le cycle. Laissez l’appareil aller jusqu’au bout sans intervenir. Contrôlez qu’il signale un cycle complet, sans erreur.
  12. Laissez refroidir le temps indiqué, sans rien toucher, positionneur en place.

Un chantier bien mené fait ces douze étapes dans le même ordre à chaque raccord. C’est un geste répétitif : c’est justement ce qui le rend fiable.

Le refroidissement : la contrainte que tout le monde néglige

La fusion ne s’arrête pas quand l’appareil bipe. Elle s’arrête quand la matière a figé. Entre les deux, il y a un intervalle pendant lequel la soudure existe mais ne tient rien : le polyéthylène est encore pâteux dans la zone chauffée.

Deux règles en découlent, dans cet ordre de sévérité.

  • Ne retirez pas le positionneur avant la fin du temps de refroidissement. C’est la règle de base, valable partout. Un assemblage démonté trop tôt se déforme sans que rien ne se voie : la géométrie change pendant que la matière fige, et la soudure garde cette contrainte.
  • Ne mettez pas en charge tout de suite. Pour le PE sous pression, les fiches fabricants demandent d’attendre au moins quatre fois le temps de refroidissement du manchon avant de soumettre l’assemblage à une contrainte mécanique ou à un essai de pression. Un écoulement Geberit PE n’est pas un réseau sous pression et nous n’avons pas relevé, dans la documentation Geberit, la règle propre à l’écoulement : nous ne transposons donc pas ce facteur 4 tel quel. Ce qui reste vrai dans tous les cas : entre la fin du cycle et le moment où vous remblayez, où vous suspendez la conduite à ses colliers, où vous coulez la dalle ou où vous faites l’essai d’étanchéité, il faut laisser du temps. Lisez la notice du manchon, elle donne le sien.

Et rappelez-vous qu’une installation enterrée neuve d’évacuation d’eaux usées doit réussir un essai d’étanchéité — à l’eau ou à l’air — avant sa mise en service. Ce n’est pas le moment de découvrir qu’on a remblayé sur une soudure refroidie sous contrainte.

Ce qui fait rater une soudure, et ce qu’on fait ensuite

Les causes d’échec sont peu nombreuses et toujours les mêmes. Elles ont un point commun : elles se jouent toutes avant ou pendant le cycle, jamais après.

Les huit causes d’échec les plus fréquentes d’une soudure au manchon électrosoudable, et le geste correspondant.
Ce qu’on a fait, ou ce qu’on constateCe qui se passe dans la soudureCe qu’il faut faire
Surface non grattée, ou grattée par plaquesLe film oxydé par les UV s’intercale, la fusion ne prend pas partoutGratter avant. Aucun rattrapage possible après cycle
Doigts, poussière, terre ou humidité sur la zone grattéeCorps étrangers piégés dans l’interfaceRe-nettoyer au nettoyant PE, puis ne plus toucher
Chanfrein taillé par réflexe cuivreLa matière qui devait fondre a été retirée, jeu en entrée de manchonÉbavurer seulement, jamais chanfreiner
Coupe de travers, ou emboîtement incompletUne partie de la résistance chauffe du videRecouper d’équerre, réemboîter jusqu’au repère
Tubes non maintenus, ou désalignésL’assemblage bouge ou reste en contrainte pendant que la matière figePositionneur en place, alignement contrôlé avant de lancer
Extrémités de la conduite laissées ouvertesEffet de cheminée : le courant d’air refroidit la zone de fusionObturer les extrémités opposées avant le cycle
Cycle interrompu (coupure de courant, fiche arrachée)Le manchon est déclenché, sa résistance a déjà travailléCouper le tube, repartir avec un manchon neuf. On ne relance jamais un manchon déjà déclenché
Mise en charge, remblai ou essai trop tôtContrainte appliquée sur une matière encore chaudeRespecter le temps de refroidissement de la notice

Reste la question honnête : que fait-on d’une soudure ratée ? On ne la reprend pas. Il n’y a rien à resserrer, rien à recharger, et un deuxième cycle sur un manchon déjà déclenché n’a aucun sens. On coupe de part et d’autre du manchon, on récupère deux extrémités saines, et on repart avec un manchon neuf — ce qui suppose d’avoir prévu la longueur perdue. C’est la raison pour laquelle on commande toujours quelques manchons de plus que le nombre de raccords : à moins de CHF 10.00 pièce dans les diamètres courants, l’économie de deux manchons ne vaut pas un aller-retour chez le fournisseur.

Quand on ne soude pas : manchon à lèvres et collier de raccordement

L’électrosoudage n’est pas la seule jonction possible sur du PE. Deux familles reviennent : les manchons à lèvres, qui assurent l’étanchéité par un joint en élastomère au lieu d’une fusion, et les colliers de raccordement, qui permettent de piquer une conduite existante sans la couper.

Voici ce que nous pouvons en dire honnêtement, et ce que nous ne pouvons pas.

Ce qui est certain, c’est la différence de nature. Un assemblage à joint reste un assemblage démontable, avec une pièce d’usure : le joint vieillit, se tasse, peut se déplacer à la pose. Une soudure n’a rien de tout cela. Cette différence de nature commande la règle de bon sens qui traverse tout le métier : ce qui est démontable doit rester accessible. Un raccord à joint derrière une cloison fermée, coulé dans une dalle ou remblayé dans une fouille, c’est une intervention future rendue impossible sur une pièce qui, elle, a une durée de vie.

Ce que nous ne pouvons pas faire, c’est vous donner une liste de cas d’emploi autorisés et interdits. Les conditions exactes d’utilisation de chaque pièce — encastrement admis ou non, position, diamètres, compatibilité — figurent dans le catalogue du fabricant, et nous ne les avons pas vérifiées pièce par pièce. Nous préférons vous le dire plutôt que de vous servir une règle inventée qui a l’air solide.

La lecture pratique est donc simple : sur un raccord qui restera visible et accessible, en reprise sur un existant, ou pour un montage provisoire, une jonction mécanique se défend. Sur tout ce qui sera fermé, remblayé ou coulé, soudez. Et sur les points que vous n’arrivez pas à trancher, appelez-nous ou demandez à votre installateur — c’est plus rapide qu’un forum.


Ce qu’il faut sur l’établi

La liste réelle, sans rien d’inutile. Le consommable d’abord.

Correspondance diamètre, manchon électrosoudable et tuyau en barre de 5 m dans la gamme Geberit PE de TIMShop, prix TTC.
DiamètreManchon électrosoudableTuyau, barre de 5 m
Ø 40 mmCHF 8.40CHF 40.15
Ø 50 mmCHF 7.60CHF 44.90
Ø 56 mmCHF 8.50CHF 44.90
Ø 63 mmCHF 8.65CHF 47.10
Ø 90 mmCHF 9.25CHF 86.15
Ø 110 mmCHF 10.70CHF 116.05
Ø 125 mmCHF 12.90CHF 158.35

Le Ø 56 mm mérite un mot : c’est un diamètre du marché suisse qui n’a pas d’équivalent dans les guides français. Si vous suivez un tutoriel français, vous ne le verrez jamais mentionné, et vous chercherez un 50 ou un 63 là où le réseau suisse attend un 56. Nous l’expliquons dans notre article sur les pentes et les diamètres suisses.

Les pièces de forme, ensuite. Une règle absolue accompagne toute la conception : on ne réduit jamais le diamètre dans le sens de l’écoulement.

L’outillage, enfin.

  • Soudeuse à électrofusion Geberit ESG light, en location dès CHF 35.00 par jour — retrait à La Tour-de-Trême, dates de début et de retour libres, tarifs week-end et semaine dégressifs indiqués sur la fiche.
  • Un grattoir à PE. Pas de papier de verre.
  • Du nettoyant PE et des chiffons propres non pelucheux.
  • Une scie à denture fine ou un coupe-tube adapté, et un ébavureur.
  • Un feutre indélébile pour les repères d’emboîtement.
  • De quoi obturer les extrémités de la conduite pendant le cycle.
  • Une alimentation électrique correcte. Une rallonge trop longue et trop fine sur un chantier n’est pas un détail pour un appareil qui délivre une énergie calibrée.

Louer ou acheter la soudeuse : le calcul honnête

Nous louons cet appareil, donc autant poser le calcul ouvertement plutôt que de vous vendre quelque chose.

Un chantier de particulier — reprendre l’écoulement d’une buanderie, refaire le raccordement d’une machine à laver, reprendre une antenne de colonne — représente en général une poignée de soudures, faites sur un ou deux jours. Au tarif jour de CHF 35.00, cela met l’outil entre CHF 35.00 et CHF 70.00 sur le chantier entier.

Nous ne publions pas de prix d’achat pour un appareil d’électrofusion : demandez une offre à un fournisseur d’outillage, et faites la division vous-même. Prix de l’appareil divisé par CHF 35.00 : vous obtenez le nombre de journées de chantier à partir duquel l’achat commence à se justifier. Pour la plupart des lecteurs de cet article, ce nombre dépasse largement le total des soudures qu’ils feront dans leur vie. Ajoutez-y le fait qu’un appareil non utilisé doit tout de même être maintenu calibré : un outil qui dort coûte encore.

Louer ou acheter une soudeuse à électrofusion, selon la fréquence réelle d’utilisation.
Votre situationCe que nous vous dirions
Un chantier unique, quelques souduresLouez. CHF 35.00 à CHF 70.00 pour l’outil sur tout le chantier. L’achat n’a aucun sens
Deux ou trois chantiers par anLouez encore. Le cumul reste très en dessous du prix d’achat, et l’appareil est prêt à l’emploi
Vous n’avez jamais soudé de PELouez, et prévoyez une demi-heure de plus : faites vos premières soudures sur des chutes de tube, jusqu’à ce que le geste soit régulier
Vous soudez du PE toutes les semaines, c’est votre métierAchetez, et faites entretenir et calibrer l’appareil. La location n’est plus rentable à ce rythme

Un dernier conseil, celui qui rapporte le plus : au moment du retrait, demandez l’état de calibration de l’appareil et faites-vous montrer la lecture du code-barres et la mise en place du positionneur. Deux minutes de démonstration valent mieux qu’une notice lue au fond d’une fouille, sous la pluie, avec un manchon déjà emboîté.

Le matériel se commande en ligne et se retire à La Tour-de-Trême, ou s’expédie depuis la Suisse : sous 24 à 48h ouvrables pour ce qui est en stock (hors jours fériés), puis réception en 1 à 2 jours ouvrables. Garantie 2 ans sur le matériel neuf, conformément aux art. 197 ss et 210 CO. Pour toute question technique avant commande, nous répondons sous 24 à 48h ouvrables.

Questions fréquentes

Peut-on coller un tuyau Geberit PE comme du PVC ?

Non. Le polyéthylène résiste aux solvants, et une colle PVC agit justement en dissolvant superficiellement la matière. Il n’y a rien à dissoudre sur du PE : la colle ne prend pas. Le PE s’assemble par fusion, soit au manchon électrosoudable, soit par soudure bout à bout au miroir. C’est la principale différence entre les guides français, écrits pour du PVC collé, et la pratique suisse.

Combien de temps dure le cycle de soudure d’un manchon électrosoudable ?

Cela dépend du manchon, et vous n’avez pas à le savoir. Chaque manchon porte une étiquette code-barres qui contient ses propres paramètres de chauffe et de refroidissement. L’appareil la lit et applique ce qui est écrit dessus. Ne saisissez jamais à la main un temps trouvé sur un forum ou dans un article : il serait au mieux inutile, au pire dommageable. La notice du fabricant fait foi.

Le courant a sauté en plein cycle. Je peux relancer la soudure ?

Non. Un manchon déjà déclenché ne se resoude pas : sa résistance a travaillé, l’énergie délivrée n’est plus celle prévue par le paramètre. La marche à suivre est de couper le tube de part et d’autre du manchon et de repartir avec un manchon neuf. C’est aussi pourquoi on commande toujours quelques manchons de plus que le nombre de raccords.

Faut-il chanfreiner le tuyau avant de l’emboîter dans le manchon ?

Non, et c’est l’erreur la plus fréquente chez qui vient du cuivre. Le chanfrein sert à protéger un joint torique lors de l’emboîtement. Ici, il n’y a pas de joint : il y a de la matière qui doit fondre, et le chanfrein la retire précisément là où la fusion doit se faire. On ébavure l’arête intérieure et extérieure, et on s’arrête là.

Ai-je le droit de souder moi-même mon écoulement en Suisse ?

La réponse dépend de votre commune, et nous préférons le dire clairement plutôt que de trancher à sa place. En Suisse, l’évacuation des eaux des biens-fonds est encadrée par la norme SN 592000 du VSA, et le raccordement au réseau public passe par un règlement communal : plan d’exécution, contrôle communal, parfois exigences supplémentaires. Côté eau potable, le régime est plus strict et exige un installateur au bénéfice d’une concession du service des eaux. Nos sources n’établissent pas que ce régime de concession s’applique à l’identique à l’écoulement. Renseignez-vous auprès de votre commune avant de commencer les travaux.

Vaut-il mieux louer ou acheter la soudeuse à électrofusion ?

Pour un chantier unique, l’achat n’a pas de sens. Une poignée de soudures représente un à deux jours d’appareil, soit CHF 35.00 à CHF 70.00 au tarif jour de location. Demandez une offre d’achat à un fournisseur d’outillage et faites la division : prix de l’appareil divisé par CHF 35.00 vous donne le nombre de journées à partir duquel l’achat devient rationnel. Ajoutez qu’un appareil non utilisé doit rester calibré. L’achat se justifie si vous soudez du PE toutes les semaines.

Sources et références

  • VSA (Association suisse des professionnels de la protection des eaux) — norme SN 592000:2024, « Installations pour l’évacuation des eaux des biens-fonds. Conception et exécution », 6e édition entrée en vigueur le 1er juillet 2024. Texte de référence suisse pour l’évacuation des eaux d’un bien-fonds : dimensionnement, collecteurs, pente minimale de 1,5 % des conduites d’eaux usées. Norme payante, non reproduite ici.
  • SIA (Société suisse des ingénieurs et des architectes) — norme SIA 190:2017 « Canalisations ». S’applique aux canalisations enterrées et aux raccordements : profils de pose normalisés, enrobage béton, statique des conduites ; la révision 2017 a introduit les essais d’étanchéité à l’air en zone de protection des eaux souterraines. Norme payante, non reproduite ici.
  • Ville de Bienne — brochure « Évacuation des eaux des biens-fonds : principes et détails », édition 07/2025. Document communal, et non la norme : il en reprend les exigences (essai d’étanchéité à l’eau ou à l’air obligatoire avant mise en service d’une installation enterrée neuve, profondeur de pose, chambres de contrôle). Une commune fribourgeoise peut préciser ou durcir ces règles.
  • Geberit — documentation du système Geberit PE d’écoulement et notice de la soudeuse à électrofusion ESG light. C’est la source qui fait foi sur les paramètres de soudure, la plage de température de pose (−10 à +40 °C) et les temps de refroidissement propres à chaque manchon. Notice fournie avec le matériel et avec l’appareil en location.
  • Fiches de mise en œuvre des fabricants de raccords électrosoudables PE (notamment Plasson et Kulker) — paramètres lus au code-barres du manchon, obligation d’un appareil calibré, immobilisation au positionneur jusqu’à la fin du refroidissement, obturation des extrémités contre l’effet de cheminée, manchon neuf obligatoire après un cycle interrompu. Attention : ces fiches traitent du PE sous pression (adduction d’eau, gaz) et non de l’écoulement gravitaire ; leurs délais avant mise en charge ne se transposent pas tels quels.
  • AEAI (Association des établissements cantonaux d’assurance incendie) — prescriptions et directives de protection incendie. Elles imposent l’obturation des traversées de parois et de dalles formant compartiment coupe-feu par des systèmes reconnus. Le numéro exact de la directive applicable n’a pas été vérifié et n’est donc pas cité ; le seuil de diamètre extérieur de 50 mm évoqué dans l’article provient d’une documentation fabricant, non du texte AEAI.

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