Chercher un loueur d’OTDR en Suisse romande est une expérience frustrante. Les résultats renvoient vers des sociétés françaises : transport, douane, délais, et une grille tarifaire pensée pour un marché voisin. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons mis nos deux appareils de mesure fibre en location, avec retrait sur place à La Tour-de-Trême, en Gruyère.
Mais avant de louer quoi que ce soit, il faut savoir lequel des deux appareils répond à votre question. Ce n’est pas une nuance de catalogue : ce sont deux instruments qui ne mesurent pas la même chose et qui ne se remplacent pas. Prendre l’OTDR quand un photomètre suffisait coûte quatre fois plus cher pour rien. Prendre le photomètre quand il fallait un OTDR ne vous apprendra rien d’exploitable.
Deux appareils, deux questions différentes
Le photomètre est un appareil de niveau. Vous le branchez en un point de la liaison, et il vous dit combien de lumière arrive à cet endroit précis, exprimée en dBm. Il ne sait rien de ce qui se passe en amont : il ne connaît ni la longueur du parcours, ni le nombre de soudures traversées, ni l’endroit où la lumière s’est perdue. Il constate un résultat, pas un chemin. C’est une mesure ponctuelle, immédiate, et à la portée de n’importe qui après cinq minutes d’explication.
L’OTDR, ou réflectomètre optique dans le domaine temporel, travaille autrement. Il envoie des impulsions lumineuses dans la fibre et analyse ce qui lui revient. Chaque élément rencontré — une soudure, un connecteur, une courbure trop serrée, une cassure — renvoie une signature, et le temps de retour donne la distance. Le résultat n’est pas un nombre mais une courbe : la trace. On y lit une succession d’événements positionnés le long du lien, chacun avec sa perte propre et sa réflexion propre.
Autrement dit : le photomètre est un thermomètre, l’OTDR est un scanner. Le premier vous dit qu’il y a un problème. Le second vous dit où il est, à quel mètre, et de quelle nature. Les deux mesures sont complémentaires, et elles peuvent parfaitement se contredire en apparence : une liaison peut afficher un niveau acceptable au photomètre tout en cachant une soudure médiocre qui se dégradera dans six mois. Seul l’OTDR la voit.
Le guide technique FTTH-Inhouse de ftth fr SA, qui régit le raccordement des nouvelles constructions dans la zone fribourgeoise, hiérarchise d’ailleurs clairement les deux. Il impose un contrôle à la lumière rouge et à l’OTDR pour chaque prise optique, et ne mentionne le photomètre — qu’il nomme « power mètre » — qu’en complément, « parfois si possible ». Nous le disons franchement même si cela oriente vers l’appareil le plus cher à louer : pour une réception de chantier sous contrat d’exploitant, le photomètre seul ne remplace pas l’OTDR.
Ce que mesure un photomètre PON, et ce qui lui échappe
Un photomètre ordinaire mesure une puissance lumineuse, quelle qu’en soit la source. Un photomètre PON fait quelque chose de plus fin : il se place en coupure sur la liaison, laisse passer le trafic, et mesure sélectivement les longueurs d’onde qui portent le service. C’est ce qu’on appelle une mesure en pass-through, et c’est précisément ce qui permet de contrôler une ligne vivante sans couper l’abonné.
D’où l’importance des deux nombres inscrits sur l’appareil que nous louons : 1490 nm et 1577 nm. Ce ne sont pas des valeurs commerciales, ce sont les deux longueurs d’onde descendantes des réseaux optiques passifs déployés aujourd’hui.
| Technologie | Descendant (vers l’abonné) | Montant (vers le réseau) | Mesurable au photomètre PON en pass-through |
|---|---|---|---|
| GPON | 1490 nm | 1310 nm | Descendant oui, montant non |
| XGS-PON | 1577 nm | 1270 nm | Descendant oui, montant non |
Le point que presque aucun contenu grand public ne signale mérite d’être écrit noir sur blanc : les mesures de niveau en sens montant, à 1310 nm et 1270 nm, ne sont pas possibles avec un photomètre PON en pass-through. Le trafic montant circule en rafales, et un instrument de niveau ne sait pas en tirer une valeur exploitable. Ne croyez donc jamais un vendeur qui vous dira qu’un photomètre PON « vérifie la liaison dans les deux sens ». Il vérifie ce que le réseau vous envoie, pas ce que votre équipement renvoie au réseau.
dBm et dB : deux unités, deux usages
Le dBm est une puissance absolue : il répond à « combien ». Le dB est un rapport : il répond à « combien j’ai perdu entre ici et là ». Un affaiblissement s’exprime en dB, un niveau reçu en dBm. En pratique, la mesure la plus utile pour un dépannage n’est pas la valeur absolue, c’est l’écart : relevez le niveau avant votre intervention, relevez-le après, et la différence en dB vous dit si vous avez amélioré ou dégradé la liaison. Cette méthode ne dépend d’aucun seuil et ne peut pas vous tromper.
Pourquoi nous ne publions pas de seuil « bon » ou « mauvais »
Vous trouverez sur le web francophone des valeurs présentées comme des références absolues, du type « au-dessus de tel niveau c’est bon ». Elles proviennent des consignes d’opérateurs français et ne sont pas transposables à un réseau suisse. Il n’existe pas de seuil réussite / échec universel en PON : les limites sont fondées sur la classe du réseau de distribution optique, ou définies par l’utilisateur dans l’appareil. Le chiffre qui compte pour votre liaison est celui que vous indique l’exploitant de votre réseau, et lui seul.
Ce que le guide ftth fr fixe en revanche très précisément, ce sont les limites par élément dans la partie intérieure du bâtiment : 0.5 dB au maximum par jonction au connecteur de la prise optique, mesurés à 1550 nm ; 0.2 dB au maximum par épissure par fusion ; et une atténuation par réflexion, ou return loss, supérieure à 60 dB. Ces valeurs-là sont opposables à l’installateur, et c’est l’OTDR qui les vérifie, pas le photomètre.
Dans la plupart des cas, le photomètre suffit
Voici la partie de l’article qui va contre notre intérêt commercial immédiat, et nous l’assumons : la grande majorité des interventions ne demandent pas un OTDR. Un photomètre PON à CHF 15.00 la journée règle la question dans la plupart des situations rencontrées chez un particulier, dans une PPE, ou lors d’un dépannage courant.
Le photomètre suffit typiquement dans ces cas :
- Vérifier qu’une prise optique est bien alimentée avant de faire venir un technicien, ou avant de conclure à une panne d’équipement.
- Départager une panne optique d’une panne de service : si la lumière arrive normalement à la prise et que la connexion ne monte pas, le problème n’est pas dans la fibre.
- Contrôler une intervention : niveau relevé avant, niveau relevé après nettoyage d’un connecteur ou remplacement d’un cordon. L’écart en dB est votre preuve.
- Identifier lequel des ports de la prise optique porte le signal actif, quand la documentation manque.
- Constituer un relevé de référence sur un parc d’immeubles, pour disposer d’un point de comparaison le jour où quelque chose se dégrade.
Sur ce dernier point, une remarque de terrain : le relevé qui n’a jamais été fait est celui qui manque toujours au moment du litige. Une régie qui documente le niveau optique de chaque logement le jour de la mise en service se donne un argument technique gratuit pour les dix années suivantes. Une journée de location suffit pour un petit immeuble.
Si vous ne savez pas de quoi votre prise est faite ni à quoi correspondent ses quatre ports, lisez d’abord notre article sur la prise OTO, ses quatre ports et son OTO-ID : il évite pas mal de mesures inutiles.
Quand un OTDR devient nécessaire : lire une trace
L’OTDR entre en jeu dès que la question devient « où ». Une liaison longue, un défaut invisible à l’œil, une soudure suspecte, une fibre écrasée dans une gaine après des travaux : aucun appareil de niveau ne vous donnera une distance. L’OTDR, oui.
Ce qu’il produit s’appelle une trace. C’est une courbe qui descend régulièrement de gauche à droite — la fibre atténue le signal proportionnellement à la longueur — et sur laquelle se détachent des accidents. Trois choses se lisent sur cette courbe :
- L’événement et sa position. Chaque accident est repéré par une distance depuis le point d’injection. C’est ce qui transforme « ça ne marche pas » en « ça coince à 47 mètres », donc en un endroit où l’on peut aller regarder.
- La perte. La marche descendante mesure ce que l’élément coûte en dB. C’est ainsi qu’on vérifie, épissure par épissure et connecteur par connecteur, le respect des 0.2 dB et 0.5 dB du guide d’exploitant.
- La réflexion. Un pic vers le haut signale un élément réfléchissant : un connecteur, une extrémité de fibre, une cassure nette. Les appareils de bonne facture chiffrent cette atténuation par réflexion selon la méthode normalisée IEC 61300, ce qui permet de comparer une mesure à une exigence contractuelle plutôt qu’à une impression.
Une courbure excessive se lit aussi sur une trace : elle produit une perte sans réflexion, souvent progressive. C’est le défaut typique d’un câble trop serré dans un passage, et il est parfaitement invisible autrement. Rappel utile : le câble intérieur à quatre fibres du câblage FTTH suisse ne doit pas descendre sous un rayon de courbure de 15 mm, et ne doit pas subir une traction supérieure à 400 N. Ces deux chiffres expliquent une bonne partie des défauts qu’on trouve dans les colonnes montantes mal posées.
Enfin, l’OTDR est le seul des deux appareils à produire un document. Une trace s’archive, se date, se joint à un dossier. Pour une réception de chantier, un procès-verbal demandé après coup, ou un désaccord avec un tiers, c’est ce document qui compte. Le guide ftth fr ne demande pas de remettre systématiquement un procès-verbal de mesure, mais il précise qu’il peut être exigé en cas de problème à la mise en service ou lors d’une réparation. Autant l’avoir.
Mesurer sur une ligne en service : la question du filtre
Voici le point technique qui fait la différence entre une location utile et une journée perdue. Un OTDR ordinaire ne fonctionne pas sur une fibre en service. La lumière que le fournisseur de services injecte dans la fibre sature l’entrée de l’appareil et rend la mesure impossible. Sur une ligne active, il faut un OTDR dit « live », qui mesure sur une longueur d’onde de maintenance située hors de la bande utilisée par les services, et dont l’entrée est protégée par un filtre qui rejette ces signaux.
Le guide ftth fr est explicite sur ce point : la mesure OTDR doit être effectuée à chaque prise optique, sur chaque connecteur équipé, avec un OTDR « live » muni d’un filtre 1625 nm. Sans quoi, écrit-il, le signal présent sur les connecteurs alimentés par les fournisseurs de services rend la mesure impossible.
Le module que nous louons avec notre OTDR Viavi est un module 1650 nm filtré, référence E81165C. Nous nous en tenons à ce que nous savons : c’est un module de mesure sur ligne en service, à longueur d’onde de maintenance, avec filtre intégré. Nous n’avons pas vérifié à la source si un module 1650 nm satisfait formellement l’exigence « filtre 1625 nm » du guide ftth fr, et nous ne l’affirmerons donc pas. Si votre mesure doit être opposable à un exploitant de réseau, posez-lui la question avant de réserver l’appareil : c’est lui qui valide, pas nous. Pour un diagnostic privé, un réseau d’entreprise ou un contrôle interne, la question ne se pose pas dans les mêmes termes.
Symptôme constaté, appareil à prendre
Le tableau ci-dessous condense la décision. Il se lit dans un sens : partez du symptôme réellement constaté, pas de l’appareil qui vous fait envie.
| Symptôme constaté | Appareil à prendre | Ce qu’il montre | Ce qu’il ne montre pas |
|---|---|---|---|
| Aucune connexion, voyant optique du modem en défaut | Photomètre PON | Si de la lumière descendante arrive à la prise, et à quel niveau | L’endroit où la lumière s’arrête, si elle manque |
| Débit inférieur à l’abonnement, coupures intermittentes | Photomètre PON d’abord | Le niveau reçu et son écart avec un relevé de référence | Si la cause est optique, contractuelle ou logicielle |
| Contrôle après nettoyage de connecteur ou changement de cordon | Photomètre PON | Le gain ou la perte apportés par l’intervention, en dB | La position de l’élément fautif sur la liaison |
| Doute sur le port actif de la prise optique | Photomètre PON | Quel port porte effectivement le signal | Pourquoi les autres ports sont muets |
| Prise sans lumière, cause inconnue, parcours long ou inaccessible | OTDR | La distance de l’événement, sa perte et sa réflexion | Le niveau réellement délivré par le service |
| Réception d’une colonne montante neuve | OTDR (exigé par l’exploitant) | Chaque épissure et chaque connecteur, un par un | La conformité du service opérateur en aval |
| Soudure suspecte, dégradation lente et progressive | OTDR | La perte propre de l’épissure, comparée à la limite de 0.2 dB | Ce qui a causé la dégradation |
| Fibre probablement écrasée ou pincée après des travaux | OTDR | À quel mètre la perte apparaît, avec ou sans réflexion | Ce qu’il y a physiquement à cet endroit : il faut aller voir |
| Litige, besoin d’un document opposable | OTDR | Une trace datée, archivable, jointe au dossier | Une preuve de responsabilité : la trace décrit, elle n’attribue pas |
Une règle simple se dégage : tant que la question commence par « est-ce que », le photomètre suffit. Dès qu’elle commence par « où », il faut l’OTDR.
Avant de louer : connectique APC et propreté des faces
Deux préparatifs conditionnent la réussite de la mesure, et le second est de loin le plus négligé.
Vert et non bleu : la règle APC
En FTTH suisse, la connectique est angulaire. La prise optique comporte quatre emplacements pour connecteurs LC/APC et est confectionnée avec quatre connecteurs LC/APC, à polissage angulaire de 8 degrés. Ce biseau est ce qui permet d’atteindre l’exigence de return loss supérieure à 60 dB : il renvoie la lumière réfléchie hors du cœur de la fibre au lieu de la renvoyer vers l’émetteur.
Les ferrules APC sont vertes, les ferrules UPC sont bleues. Brancher un cordon UPC sur un APC dégrade la perte d’insertion, ruine le return loss, et peut abîmer physiquement les faces polies des deux connecteurs. C’est l’erreur d’achat la plus fréquente chez les particuliers, et elle se paie en matériel autant qu’en temps perdu. Retenez la couleur : vert avec vert.
Attention à ne pas confondre le polissage et le format. La prise suisse est en LC/APC ; nos deux appareils de mesure se raccordent en SC-APC. Ce sont deux formats de ferrule différents, tous deux angulaires. Il vous faut donc un cordon d’adaptation LC/APC vers SC-APC, ou un adaptateur, à prévoir avant de venir chercher l’appareil. Demandez-le à la réservation, nous vous dirons ce que nous pouvons fournir avec l’appareil selon les stocks du moment.
La première cause de mauvaise mesure est un connecteur sale
Avant de conclure à une fibre défaillante, nettoyez. Une trace de doigt, une poussière, un dépôt sur une face polie suffisent à faire chuter le niveau reçu de plusieurs décibels et à créer sur une trace OTDR un événement qui ressemble à s’y méprendre à un défaut d’installation. Le guide ftth fr classe explicitement les salissures et défauts mécaniques des surfaces d’extrémité parmi les grandeurs à contrôler, et juge le contrôle visuel — rayons de courbure, étiquetage, propreté — « d’une grande importance ». Ce n’est pas une formule de politesse : c’est le premier poste de faux diagnostics.
Nettoyez systématiquement, avec un outil prévu pour cela, la face du connecteur et celle de l’adaptateur, avant chaque mesure et après chaque débranchement. Remesurez ensuite. Il n’est pas rare que le « défaut » disparaisse à cette étape, et vous aurez économisé une journée de location d’OTDR.
Bobine amorce : à discuter avant, pas pendant
L’usage d’une bobine amorce entre l’OTDR et la liaison à mesurer est courant dans le métier. Les documents suisses que nous avons consultés ne se prononcent pas sur ce point, et nous n’inventerons donc pas de règle. Si votre mesure doit servir de réception ou de pièce contractuelle, posez la question à l’exploitant du réseau concerné avant de réserver, et signalez-nous ce dont vous avez besoin au moment de la réservation.
Ce que TIMShop loue, et à quelles conditions
Deux appareils, retrait et retour à La Tour-de-Trême, dates de début et de retour libres. Vous choisissez vos dates sur la fiche produit, le calendrier bloque les périodes déjà réservées, et le jour du retour n’est pas facturé. Le tarif à la journée est plafonné au tarif de la semaine : au-delà d’un certain nombre de jours, vous ne payez pas davantage.
| Appareil | Jour | Week-end | Semaine | Caution |
|---|---|---|---|---|
| Photomètre PON 10G TM583, 1490 / 1577 nm, SC-APC | CHF 15.00 | CHF 25.00 | CHF 50.00 | CHF 80.00 |
| OTDR Viavi MTS-6000A V2 + module 1650 nm filtré E81165C | CHF 60.00 | CHF 95.00 | CHF 200.00 | CHF 700.00 |
Nomenclature : ce que vous réservez, ce que vous emportez
- Photomètre PON 10G TM583 1490 / 1577 nm SC-APC — dès CHF 15.00 par jour, caution CHF 80.00. L’appareil à prendre en premier dans neuf cas sur dix.
- Réflectomètre OTDR Viavi MTS-6000A V2 avec module 1650 nm filtré E81165C — dès CHF 60.00 par jour, caution CHF 700.00. Pour localiser, documenter, réceptionner.
- Pigtail LC/APC monomode 9/125 G657A2, 1 m — CHF 9.50. À prévoir si votre intervention comprend une reprise de connectique à la prise.
- Prise OTO apparente 4 fibres LC/APC — CHF 68.00, ou la version encastrée EDIZIOdue à CHF 75.00, si la mesure conclut à une prise à remplacer.
- L’ensemble des appareils disponibles est visible dans la catégorie Location d’outils.
Une précision de conformité, parce qu’elle a des conséquences réelles : le guide ftth fr impose que seul le matériel qu’il décrit soit utilisé dans la construction du réseau FTTH, toute divergence exigeant une autorisation écrite de l’exploitant. Notre matériel s’adresse au câblage domestique, au réseau privé, à la réparation et au dépannage. Si vous intervenez dans une colonne montante sous contrat d’exploitant, validez la référence auprès de celui-ci avant d’acheter.
Un OTDR mal utilisé produit une trace ininterprétable
Nous préférons le dire avant la réservation plutôt qu’après le retour. Un OTDR n’est pas un appareil que l’on branche pour obtenir une réponse. Les paramètres de mesure — largeur d’impulsion, portée, durée d’acquisition, indice de réfraction — conditionnent entièrement ce que la trace montre ou masque. Mal réglés, ils produisent une courbe qui a l’air sérieuse et qui ne veut rien dire : des événements inventés, des événements réels invisibles, des distances fausses.
Cet appareil s’adresse à quelqu’un qui a déjà lu une trace, ou qui accepte d’y consacrer du temps avant l’intervention. Un installateur électricien, un intégrateur réseau, un technicien télécom : oui. Un propriétaire qui veut comprendre pourquoi sa connexion rame : très probablement non, et le photomètre lui donnera une réponse exploitable en dix minutes.
Il y a aussi le cas où la mesure ne devrait pas être faite par vous du tout. Dans le câblage FTTH intérieur suisse, l’installateur électricien confirme par sa signature du rapport de raccordement que l’installation a été réalisée et contrôlée, et il assure la garantie de l’installation envers le propriétaire. Si des défauts sont constatés à la mise en service, l’exploitant se réserve le droit de facturer déplacements, recherches et mesures à l’entreprise qui a posé les prises. Autrement dit : sur une installation sous contrat, la mesure engage une responsabilité, et ce n’est pas un exercice à improviser.
Si vous préférez confier la mesure, c’est légitime et c’est souvent plus économique qu’une location suivie d’une journée perdue. Notre pôle services TIMFibre réalise ce type d’intervention en Suisse romande. Nous vous dirons franchement, au téléphone, laquelle des deux options a du sens dans votre situation.
Questions fréquentes
Peut-on mesurer sans couper la connexion de l’abonné ?
Avec un photomètre PON, oui : il se place en pass-through, laisse circuler le trafic et mesure le sens descendant. Avec un OTDR, cela dépend de l’appareil : il faut un modèle « live » travaillant sur une longueur d’onde de maintenance avec filtre, sans quoi le signal des services rend la mesure impossible. Notre OTDR est loué avec un module 1650 nm filtré prévu pour cet usage.
Quel niveau de puissance dois-je viser à ma prise ?
Nous ne publions pas de chiffre, parce qu’il n’en existe pas d’universel. Les limites de réussite et d’échec en PON dépendent de la classe du réseau optique et des seuils définis par l’exploitant. Les valeurs qui circulent en français viennent d’opérateurs français et ne s’appliquent pas ici. Demandez la valeur de référence à l’exploitant de votre réseau, ou travaillez par comparaison avant / après, qui ne dépend d’aucun seuil.
Un photomètre peut-il localiser une fibre coupée ?
Non. Il vous dira qu’il n’y a plus de lumière, ce qui est déjà une information utile, mais il ne donnera aucune distance. Pour savoir à quel mètre se situe la rupture, il faut un OTDR. À défaut, un simple stylo à lumière rouge permet parfois de repérer une cassure visible sur un parcours court et accessible ; le guide ftth fr impose d’ailleurs ce contrôle à la lumière rouge en complément de l’OTDR.
Faut-il des connaissances particulières pour louer chez vous ?
Pour le photomètre, non : nous vous montrons la manipulation au retrait, elle tient en quelques minutes. Pour l’OTDR, oui : c’est un appareil à paramétrer, et une trace mal réglée est ininterprétable. Nous vous poserons quelques questions au moment de la réservation, et si nous estimons que l’appareil ne répond pas à votre besoin, nous vous le dirons plutôt que de vous le louer.
Ma mesure sera-t-elle acceptée par l’exploitant du réseau ?
Cela dépend de l’exploitant et du contexte, et cette réponse ne nous appartient pas. Le guide de l’exploitant fribourgeois pour les nouvelles constructions demande une mesure OTDR à chaque prise, sur chaque connecteur équipé, avec un OTDR « live » à filtre 1625 nm. Notre module est un 1650 nm filtré et nous n’avons pas vérifié à la source l’équivalence formelle entre les deux. Si votre mesure doit être opposable, validez ce point auprès de l’exploitant avant de réserver.
Combien de temps faut-il réserver l’appareil ?
Pour un contrôle ponctuel sur une ou deux prises, une journée suffit largement. Pour un immeuble entier, comptez un week-end ou une semaine : le tarif à la journée est plafonné au tarif hebdomadaire, il n’y a donc pas d’intérêt à comprimer le planning. Les dates de début et de retour sont libres, le jour du retour n’est pas facturé.
Sources et références
- ftth fr SA, Guide technique FTTH-Inhouse — raccordement des nouvelles constructions, version 2.0 du 22 février 2023 — établit le protocole de contrôle (lumière rouge et OTDR, power mètre en complément), l’exigence d’OTDR « live » à filtre 1625 nm, les limites de 0.5 dB par connecteur de prise et 0.2 dB par épissure à 1550 nm, le return loss supérieur à 60 dB, le rayon de courbure minimal de 15 mm et la traction maximale de 400 N du câble intérieur. Document public. Portée limitée aux nouvelles constructions dans les zones raccordées par cet exploitant.
- OFCOM / BAKOM, Modèle de référence pour le déploiement de la fibre optique en Suisse — fixe le vocabulaire opposable de la chaîne suisse : point de présence, point de distribution, point d’entrée de bâtiment, prise optique (OTO), terminaison de réseau optique. C’est de là que vient le mot OTO, et non PTO comme en France.
- OFCOM / BAKOM, Directives techniques concernant les installations intérieures FTTH, média physique de la couche 1 — référence nationale citée comme applicable par le guide ftth fr. Nous n’avons pas pu en lire le texte : le fichier était inaccessible au moment de la rédaction. Tout ce que nous en rapportons passe par les citations qu’en fait le guide ftth fr.
- VeEX, Introduction to Passive Optical Networks (PON) — établit le plan de longueurs d’onde GPON (1490 nm descendant, 1310 nm montant) et XGS-PON (1577 nm descendant, 1270 nm montant), l’impossibilité de mesurer le sens montant en pass-through en raison du trafic en rafales, et l’absence de seuil réussite / échec universel.
- Commission électrotechnique internationale, série IEC 61300 — méthode normalisée de mesure de l’atténuation par réflexion des liaisons par connecteurs, à laquelle renvoie le guide ftth fr. Document payant ; nous n’en avons pas lu le texte et nous nous limitons à signaler le renvoi normatif.
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